
Un jour, j’ai imaginé un minuscule pays : un espace de quelques mètres carrés aux frontières ouvertes, libre de circulation, situé au pied du bien nommé « Arc de Triomphe de l’Homme », au sommet de l’esplanade de la Défense.
15 minutes de photo de rue légèrement obsessionnelle, et quelques superpositions d’images plus tard, font prendre corps à ce nouveau territoire.

Assis sur une marche de la Grande Arche, mon attention s’est focalisée sur une grande bande blanche pavée sur l’esplanade de La Défense.

J’ai commencé à photographier des passants-tes qui traversaient en toute liberté mon enclave parisienne imaginaire.

Je ne saurais dire pourquoi, j’ai eu l’idée de figer l’instant, où des « migrants » éphémères, franchissaient cette symbolique frontière.

Téléphone à la main, insouciance sans peur du lendemain.
Et si, partout dans le monde, traverser une frontière était aussi simple que cela ?

Des femmes, des hommes et des enfants, libres et égaux en pas.

Ce nouveau pays sans surveillance, ni contrôles aux frontières, pourrait bien bien s’appeler « Lutopie ».
La constitution de Lutopie
Pour donner l’exemple et faire entendre un jour sa petite voix à l’ONU, il a fallu doter Lutopie d’un premier article de constitution.

Pour un territoire plus virtuel que réel, sans ressources, ni habitations, ce fut assez simple : « toute personne est libre d’entrer, de sortir, sans contrôle, ni contrainte, de circuler, de fraterniser et de garder un peu de Lutopie dans son cœur ».
L’Arc de triomphe de l’Homme

Ce nom de ce monument parisien qui n’est n’est connu de presque personne, est celui que Johan Otto von Spreckelsen, l’architecte concepteur de la grande Arche, en véritable utopiste, avait donné à son projet de cube blanc ouvert sur le ciel.
Il décrivait ainsi, l’Arc de Triomphe de l’Homme :
« Une fenêtre sur le monde
…
Avec un regard sur l’avenir.
C’est un « arc de triomphe » moderne,
A la gloire du triomphe de l’humanité,
C’est un symbole de l’espoir que dans le futur les gens pourront se rencontrer librement.
Ici sous l’« arc de triomphe de l’homme » les gens viendront du monde entier pour connaître les autres gens, pour apprendre ce que les gens ont appris,
Pour connaître leurs langues, leurs coutumes, religions, arts et cultures.
Mais surtout pour rencontrer d’autres gens !
Au seul contact des autres gens et nationalités les barrières que les sentiments d’incompréhension des siècles passés ont créées seront détruites. »
L’autre connexion ayant inspiré cet article :
« Un jour, j’irai vivre en Théorie, car en Théorie tout se passe bien. »
Pierre Desproges
S T R E E T P H O T O P A R I S




